Le français : cette langue qu’on a tenté d’oublier

La Nouvelle-Orléans est la ville française de toute l’Amérique.
Impossible d’imaginer la langue de Molière s’éteindre du jour au lendemain. Comment l’Etat de Louisiane est passé du tout Français, au CODOFIL le dispositif pour réhabiliter la langue ?

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Les rues de la NOLA portent des noms français

“I will not speak French !”

Pour comprendre pourquoi le français a disparu, il faut retourner en 1803. Cette année là, Napoléon Bonaparte offre la Louisiane aux Anglais.
Pendant plus d’un siècle, rien ne va changer, les colonies et les Cajuns sont francophones. La langue de Molière fait partie de la culture et l’Eglise catholique permet son héritage.

La première Guerre Mondiale et la participation victorieuse des Etats-Unis marque un tournant patriotique.
Une loi est votée en 1921, la Constitution interdit le Français dans les écoles publiques.
L’âge d’or de la langue est révolu, les enfants Cajuns sont punis, frappés par leurs instituteurs. Ils doivent recopier “I will not speak French” des centaines de fois, dès qu’ils prononcent un mot autre qu’en anglais.
L’impact sera énorme, même les anciennes générations se persuadent qu’elles parlent un français “cassé.”
Le matraquage physique et psychologique fonctionne, la transmission de la langue s’arrête.

CODOFIL VS Katrina

Fin des années 60 les la population bouillonne, elle veut une reconnaissance ethnique et linguistique.
Le CODOFIL : Council for the Development of French in Louisiana rentre en jeu en 1968.
Pour la première fois, l’état de Louisiane fait la promotion de la langue, il fait venir des centaines d’enseignants dans les écoles publiques et gère une trentaine de programmes d’immersion français-anglais.

Malgré les efforts, le nombre de locuteurs continue de chuter et l’arrivée de l’ouragan Katrina en 2005 n’aide pas.
Les volontaires pour la reconstruction de la ville sont hispaniques. Écoles et étudiants se tournent naturellement vers l’espagnol, où ils perçoivent un fort potentiel économique.

Aujourd’hui, l’optimisme demeure. La nouvelle génération de Cajuns s’est de nouveau approprié le français.
Ce n’est plus la langue officielle ni le même que celui de leurs grands-parents.
Ce nouveau langage est fortement influencé par le québécois, le belge, le français et l’acadien de l’est du Canada. Cependant, il reste très apprécié.

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